Écrit le 9 septembre 2025 - 142 vues
Pianiste et compositeur français, Jean Pierre Como a bâti une carrière unique, entre improvisation, mélodie et émotion. De Sixun à ses projets en solo, il explore un jazz ouvert sur le monde, nourri de ses racines méditerranéennes.
Il y a des musiciens qui traversent les décennies sans jamais perdre cette étincelle de curiosité, ce goût du voyage intérieur et collectif. Jean-Pierre Como est de ceux-là. Pianiste, compositeur et improvisateur français, il a bâti une carrière singulière, dense et lumineuse, faite d’explorations et de rencontres.
Né à Paris dans une famille d’origine italienne où la musique occupe une place essentielle, Como découvre très tôt le piano. Le conservatoire lui offre une solide formation classique, mais l’adolescent s’aventure vite vers l’improvisation. Le jazz devient pour lui un terrain de liberté, un espace où le rythme dialogue avec la mélodie et où l’émotion guide la technique.
Dès le début des années 1980, il enregistre ses premières compositions et accompagne diverses formations, des percussions afro à la chanson française, prouvant déjà son goût pour la diversité.
En 1984, il fonde avec Paco Sery le groupe Sixun, qui marquera toute une génération d’auditeurs et de musiciens. Jazz-rock, fusion, pulsations africaines : la formation bouscule les codes et conquiert la scène européenne. Les compositions de Como, à la fois lyriques et puissantes, structurent cette aventure. Quatre décennies plus tard, l’histoire continue puisque Sixun a reçu en 2023 le Grand Prix du Jazz de la SACEM, une reconnaissance rare pour un collectif français.
En parallèle, Como suit sa propre route. Son premier album Padre (1989) marque déjà sa volonté de raconter une histoire intime à travers le jazz. Chaque projet qui suivra se lira comme un chapitre d’un grand récit musical :
À travers ces albums, une constante se dégage : la recherche de la mélodie juste, de l’émotion qui touche directement le cœur. Comme il le dit lui-même, “le piano chante”. Et ce chant s’incarne aussi bien dans un trio acoustique que dans un grand ensemble.
Ses projets récents en sont la preuve. Infinite (2018) et Infinite Volume II (2024) en quartet explorent des formes ouvertes, presque cosmiques, saluées par la critique (CHOC de Jazz Magazine). My Little Italy (2020) revient quant à lui à une veine intime, presque autobiographique, tandis que Com ô Paradis (2023), son premier album solo, offre un voyage intérieur lumineux.
En 2018, Steinway le reconnaît comme Artiste Steinway, rejoignant le cercle restreint des pianistes soutenus par la prestigieuse maison. Mais plus encore que les titres ou prix, ce qui frappe chez Jean-Pierre Como, c’est cette fidélité à une vision : partager la musique comme une expérience humaine, sensible, toujours tournée vers l’autre.
Écouter Jean-Pierre Como, c’est traverser des paysages. On y retrouve des échos de ses racines méditerranéennes, la rigueur du classique, l’énergie du jazz-rock, la chaleur du latin jazz. Mais au-delà des styles, il y a cette capacité rare à créer une atmosphère, à faire résonner le silence entre les notes, à donner au piano une voix presque humaine.
Aujourd’hui il continue de surprendre et d’inventer, en solo ou en quartet, sur scène ou en studio. Son parcours n’est pas seulement celui d’un pianiste de jazz, mais d’un conteur d’histoires sonores, toujours en quête de nouveaux horizons.
À bientôt, ici ou ailleurs !
Chrys