Écrit le 4 juillet 2025 - 184 vues
Randy Coven fut l’un des bassistes les plus techniques et créatifs de sa génération. Trop peu connu du grand public, il a pourtant collaboré avec Yngwie Malmsteen, Steve Vai ou Rick Wakeman. Voici le portrait d’un musicien hors normes, à (re)découvrir absolument.
Il y a des musiciens qui brillent dans l’ombre, dont la virtuosité impressionne les initiés mais échappe au grand public. Randy Coven fait partie de ces artistes. Bassiste américain au jeu flamboyant, à la technique ébouriffante et à la musicalité rare, il a traversé les décennies 1980 et 1990 en collaborant avec certains des plus grands noms du rock instrumental et du metal progressif, tout en cultivant une carrière solo riche mais trop peu médiatisée.
Né en 1958 à Long Island (New York), Randy Coven a été formé au prestigieux Berklee College of Music de Boston. Très vite, il développe une approche singulière de la basse électrique, mêlant les influences du rock, du jazz, du funk et de la musique classique. C’est au début des années 1980 qu’il commence à se faire remarquer, notamment grâce à son association avec le guitariste Vinnie Moore, puis avec Yngwie Malmsteen, le prodige suédois du néo-classique.
Chez Malmsteen, le style de Coven, fluide, rapide, et souvent en tapping, se marie avec la virtuosité baroque du guitariste. Il s’impose comme l’un des rares bassistes capables de rivaliser techniquement avec des guitar heroes, dans un registre pourtant souvent dominé par les six cordes.
Mais Randy Coven ne s’est jamais contenté d’un rôle d’accompagnateur. Dès 1985, il sort son premier album solo, Funk Me Tender, où il affiche clairement ses ambitions : repousser les limites de la basse électrique comme instrument lead. L’album est un patchwork de genres, naviguant entre fusion, funk-rock et passages plus expérimentaux. Suivront d’autres opus, comme Sammy Says Ouch ! ou The Randy Coven Band, qui renforcent sa réputation auprès des amateurs de basse comme un musicien à part, technique mais jamais gratuit.
Il collabore également avec Steve Vai, et surtout avec le claviériste Rick Wakeman (Yes) dans le projet Wakeman with Wakeman, formant un trio redoutable avec le batteur John Macaluso. Cette association aboutit à des albums très techniques, mais toujours ancrés dans une musicalité solide, où la basse ne se contente plus de soutenir : elle dialogue, questionne, explose.
Malgré ses talents et ses multiples collaborations, Randy Coven est resté dans l’ombre des grands noms de la basse comme Billy Sheehan, Stu Hamm ou Marcus Miller. Peut-être parce qu’il n’a jamais cherché la lumière, préférant explorer les confins de la technique plutôt que les feux de la scène médiatique.
Pourtant, chez les bassistes avertis, son nom reste respecté. Ceux qui l’ont écouté savent combien son jeu influença une génération de musiciens adeptes du tapping, des harmoniques artificielles et des lignes mélodiques audacieuses. Son toucher, sa précision et son sens de l’improvisation le placent parmi les figures marquantes de la basse moderne.
Randy Coven s’est éteint en mai 2014, à l’âge de 56 ans. Sa disparition a touché la communauté musicale, même si elle est passée relativement inaperçue dans la presse généraliste. Peu de rééditions, peu de compilations posthumes : comme de son vivant, sa musique reste une perle cachée, à redécouvrir.
Redécouvrir Randy Coven, c’est se plonger dans une époque où la technique et la passion allaient de pair, où les musiciens repoussaient sans cesse les limites de leurs instruments. C’est aussi rappeler que la basse électrique, souvent reléguée à l’arrière-plan, peut se hisser au premier rang et devenir le cœur battant d’une musique libre, intense et profondément personnelle.
Randy Coven, c’était ça : un funambule de la basse, un artisan de la virtuosité, un explorateur sonore. Un nom que tout amateur de basse devrait connaître, et surtout écouter.
À bientôt, ici ou ailleurs !
Chrys